Éclipse Danica, nouvel éclat et chantre de l’inbreeding

Éclipse Danica, nouvel éclat et chantre de l’inbreeding

Elle avait conquis ses premiers galons semi-classiques le 1er septembre 2018 en tant que dauphine d’Erminig d’Oliverie, dans le Prix Guy Le Gonidec. Le 10 février, elle est montée sur la plus haut marche d’un podium de Groupe II. Flash sur le papier d’Éclipse Danica.

Vue en compétition à vingt-deux reprises à mi-exercice 2019, elle compte huit victoires et cinq accessits à son palmarès. Son succès majeur, Éclipse Danica l’a été obtenu lors du dernier meeting d’hiver, dans le Prix Jean Le Gonidec. Présentée foal sur la place caennaise le 27 octobre 2014, par le Haras de la Paumardière dirigé par Carine Romarie, elle avait été adjugée pour la somme de 2 500 euros. Placée sous la coupe de Pierre Vercruysse, celle qui possède à ce jour un record de 1’13 » sur 2850 mètres et un capital-gains de 280 960 € a monté progressivement les échelons avant de se frotter à l’élite de sa promotion. Une promotion au sein de laquelle elle a donc réussi à s’imposer. 

Son père, Hasting, gagnant du Groupe II Prix Jockey, est le fruit de l’union de Buvetier d’Aunou et de Sagarella, triple lauréate à Vincennes ayant pour auteurs le grand étalon Fakir du Vivier et la matrone Éversion, mère également des classiques Querfeu et Bigfeu et aïeule de la double lauréate de Groupe I Jirella. Avant Éclipse Danica, Ojipey Vinoir (Critérium des Jeunes), Occitane (Prix de Buenos-Aires), devenue la mère de Pythagoras Face (2e du Critérium des 3  Ans suédois), Tango Quick (Prix du Président de la République et de l’Île-de-France) et Agrippine (2e du Prix de Vincennes) ont particulièrement mis sa production à l’honneur.

Concernant sa génitrice Odyssée du Ravary, titulaire d’un record de 1’18 », si sa carrière sportive, assez brève (quatorze sorties à 3 ou 4 ans), a été ponctuée de cinq places en régions, son œuvre au haras est intéressante. Ainsi, outre l’héroïne de cette chronique, on lui doit notamment Ungar Ory 1’16 » (7 victoires – 68 K€), Volt d’Ory (8 victoires – 120 K€) et Clara Dallauch (6 victoires – 126 K€). Odyssée du Ravary est une fille de In Love With You, étalon qui a entre autres signé la gagnante du Prix du Président de la République Nina Madrik, le vainqueur du Prix d’Amérique Oyonnax et Doria Desbois, à l’honneur dans le Critérium Continental. Dans son second rôle au haras, celui de père de mères, le fils de Coktail Jet se distingue aussi particulièrement Texas Style, A Nous Deux et Combattante, toutes trois multiples lauréates au niveau Groupe II, la dernière cité s’étant par ailleurs classée troisième de Charly du Noyer dans le Critérium des 3 Ans.

Carine Romarie-Quesne et son époux Benoît Quesne posant en compagnie d’Odyssée du Ravary, la mère d’Éclipse Danica (©D.R.)

Quant à la famille maternelle d’ÉclipseDanica, il s’agit de celle d’Union, à prononcer à l’anglaise puisque fille du Standardbred Maxworthy et de l’autricienne Jettchen. Une Union née en 1916, importée de Hongrie en 1922 et dont la descendance a fait de nombreux éclats. Tels son fils Kankan II (Prix Capucine et Critérium des 3 Ans, auteur de la  fameuse Cancannière – Prix d’Amérique), Alligator (Prix Capucine, d’Essai et Saint-Léger des Trotteurs) et plusieurs membres d’une souche partant d’une certaine Saverne, fille de Télémaque V à laquelle appartient la jument défendant les couleurs du Comte de Senneville. Une Saverne qui, après s’être distinguée sur les pistes en remportant les Prix Capucine et Kalmia, a remarquablement tracé. Tout d’abord en engendrant un talentueux quatuor composé de Calpurnia (Prix Kalmia et six Semi-classiques, Premio Tino Triossi en Italie, 4e du Prix de l’Étoile et du Critérium Continental), Fine Perle (3e du Critérium des 4 Ans, 4e du Critérium Continental), Ofanto (Prix Capucine, de Bourgogne, 3e du Prix de l’Étoile) et Paloise (Prix Louis Tillaye, 2e du Prix de Basly, 5e du Prix de Vincennes). C’est de la susnommée Paloise, fille du chef de race Carioca II, que descend Éclipse Danica, via le trio grand-mère – mère – fille Hivoise Une Suédoise Happy Lisa. Happy Lisa dont la sœur utérine Goodnight Lady est la génitrice de l’étalon Millenium Wood (2e du Critérium des 3 Ans) et l’aïeule du placé de Groupe II Fiaschetto. Mais le plus beau fleuron de la branche émanant de Paloise se trouve sur un autre rameau. Celui passant par Itiérie, génitrice du multi-placé de Groupe II Basic et d’Une d’Éronville, grand-mère du remarquable duo formé de la gagnante de Groupe II Tamara Jiel et de sa championne d’aînée Surabaya Jiel (Saint-Léger des Trotteurs et sept Groupes II, 2e des Prix de Vincennes, des Centaures, du Président de la République).

Une belle concentration de sujets de grande qualité parmi lesquels figure donc Éclipse Danica dont la valeur peut aussi se justifier partiellement par le remarquable agencement de son pedigree comptant, à cinq rangs, quatre inbreedings croisés. Et non des moindres puisque réalisés sur la grande matrone Nesmile (3 x 4), le réputé reproducteur au papier étoilé Fakir du Vivier (3 x 5), le chef de race race américain Speedy Crown (4 x 5) et un des continuateurs de l’œuvre de son homologue US Star’s Pride : Nevele Pride (5 x 4 x 5). Un Nevele Pride membre du « Clan des 9 », cercle fermé des Standardbred ayant enlevé la Triple Crown (Hambletonian, Kentucky Futurity et Yonkers Trot) lors de leur année de 3 ans.   

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