You are currently viewing NAUTILIO BELLO : l’élevage de Rémi Boucret une nouvelle fois à l’honneur

NAUTILIO BELLO : l’élevage de Rémi Boucret une nouvelle fois à l’honneur

Titulaire jusqu’alors de trois accessits, obtenus sous la selle dans des épreuves de série lors du meeting d’hiver, il avait aussi montré ses dispositions en avril dans un Groupe II, s’étant ce jour-là désuni à mi-ligne droite alors qu’il ambitionnait la quatrième place derrière Ninja de l’Envol, Newton des Andiers et Nickel de Baille. Un trio que Nautilio Bello ne retrouvait pas sur sa route à l’occasion du Groupe 2 caennais Prix Pierre Gamare où, cependant, en raison de ses fréquentes fautes en début de parcours, il était le plus délaissé au betting. Un désamour fatal à une large majorité de parieurs puisque s’il a frôlé la correctionnelle au départ et a longtemps trotté en queue de peloton, il a ouvert son palmarès au prix d’un rush incisif en pleine piste, à plus de 100/1 ! 

Une victoire mettant une nouvelle fois à l’honneur parmi l’élite et à La Prairie, deux ans et demi après le succès de Kandora Bella dans le Saint-Léger des Trotteurs, le performant élevage de Rémi Boucret, ici naisseur en association avec Arnaud et Sandrine Charrié, sarthois comme lui.

Acquis yearling sur notre place caennaise par l’Écurie Jean-Michel Baudouin, Nautilio Bello compte huit copropriétaires et porte les couleurs d’Alain Tendil sous lesquelles se distingua en 2013 Utopie Impériale, 2e du Prix de Normandie et 3e du Prix des Élites. Quant à l’entraîneur bretillien, si ces dernières saisons, c’est Kid Bellay (Prix Louis Forcinal, 3e Prix de Normandie) qui lui a apporté ses plus belles réussites dans la spécialité de l’Étrier, rappelons-nous du succès de Vertige de Chenu dans le Prix Reynolds 2019, et de la belle carrière de Best of Jets, gagnant de cinq Groupes 2, dont à Caen le Prix Henri Ballière, et monté sur les podiums des Prix de Vincennes 2013 et du Président de la République 2014. Ou encore de Quelle Folle qui, en 2007, fit notamment sien le Groupe 1 Prix des Élites après s’être classée 3e du « Saint-Léger ». Quant au partenaire du vainqueur, Romain Marty, âgé de 25 ans, s’il avait vaincu dans un Groupe 3 avec Kid Bellay, il a enregistré en l’occasion une première réussite semi-classique.

Mais revenons au jeune trotteur héros de notre présente chronique et à son papier. Issu de l’union d’Uniclove, par Look de Star et donc descendant du chef de race Coktail Jet, et une jument par Capriccio petite-fille de l’excellente Quatalinska (gagnante de Groupe 3 et placée de Groupe 2), son auteur, Falcao de Laurma, se produisit uniquement au sulky et s’y distingua au plus haut niveau. Ainsi, il s’imposa dans le Critérium des 4 Ans où, après une incartade au départ, il vint se porter sur un troisième rang en plaine, à l’abri, puis plaça un démarrage dans le dernier tournant et, tenace, résista aux attaques dans le final. Une performance de premier plan à laquelle il faut joindre trois succès semi-classiques, dont celui obtenu dans le Prix de Tonnac-Villeneuve aux dépens de l’ogre Face Time Bourbon, et des accessits dans les Prix de l’Étoile et de Sélection. Au Stud-Book, au sein de ses trois premières productions, si les octuples lauréats au sulky Leonardo Vici et Lezzo Fighter semblent promis à de très intéressantes carrières, ses actuels représentants au top niveau sont des compétiteurs sous la selle, à savoir, outre Natilio Bello, le très doué Lionheart, déjà vu sur cinq podiums de Groupe 1, dont deux fois sur la plus haute marche, et Newton des Andiers, double placé de Groupe 2.

Concernant la moitié inférieure du pedigree de Nautilio Bello, la génétique est là aussi de grande qualité. Ainsi, sa mère, Harmada Bella, non qualifiée, a pour auteurs Ganymède, remarquable reproducteur tant en direct (notamment tête de liste du Top Étalons annuel en 2008 et 2014) que dans le rôle d’aïeul maternel (membre du Top 5 des pères de mères depuis 2020), et Jorade du Fruitier, jument d’élite évidemment classée 1ère Catégorie, statut ayant ouvert les portes du haras à sa fille.

Produit de Caballio in Blue, remarquable relais de l’améliorateur Quadrophénio, Jorade du Fruitier dévoila particulièrement sa grande qualité à 3 ans, s’adjugeant à cet âge les semi-classiques Prix Uranie, Reine du Corta et Queila Gédé, et concluant dans la foulée 3e du Critérium des 3 Ans, intercalée entre quatre mâles. Puis se classa 4e du Critérium Continental la saison suivante.

Sa production a glané 588 K€ et compte six gagnants parmi lesquels, outre Dorado Bello (246 K€), l’un des deux plus riches produits de son géniteur, les lauréates sous la selle à Vincennes Queen du Fruitier (109 K), d’où Jalico du Fruitier (112 K€), et Alpine du Fruitier (86 K€), mère du récent placé de Quinté+ Jibi du Fruitier (224 K€). Quant à Vlalala, l’aïeule maternelle de Nautilio Bello, lauréate à Laval à 2 ans, dès sa deuxième sortie, elle ne confirma pas par la suite. Mais cette fille de Menton (Gazon) s’est avérée une poulinière à la fois prolifique et talentueuse, ses dix produits qualifiés ayant totalisé 1,65 M€ de gains. Ainsi, Jorade du Fruitier (255 K€) est la propre sœur des placés semi-classiques Lys du Fruitier (180 K€) et News du Fruitier (183 K€), de Paléo du Fruitier (350 K€), placé de Quintés+ bien composés, et de Quelsa du Fruitier (laquelle a signé Delsa Dérangère -141 K€). Ainsi que la sœur utérine de Kandy du Frutier (177 K€), de Magic du Fruitier (103 K€) et d’Olala du Fruitier (317 K€), celle-ci exclusivement exploitée à l’attelé jusqu’à l’âge de 8 ans, puis polyvalente la saison suivante où, en six tentatives sous selle, elle enregistra 2 victoires et 3 accessits, trottant 1’11’’9 sur les 2175 mètres de la Grande Piste en mâchefer.

Puis remontons à la 5ème mère de Nautilio Bello, Décadie. Fruit de l’union de deux sujets classiques, à savoir Sans Atout II (1962), 1er du Critérium des 4 Ans, 2e du Critérium Continental et du Prix du « Président », 3e du Prix de Cornulier, et Fugia (1949), 2e des Prix du « Président » et de Normandie derrière Fandango, 3e du Prix des Élites, elle compte dans une riche descendance. Via la bonne compétitrice Kadira (102 K€), auteure de 9 succès dont 3 à Enghien et 4 à Vincennes parmi lesquels la réputée course handicap Prix de Langeais, descendent d’elle Hé Lactée (368 K€), et une fratrie argentée (2,35 M€) signée La Chasse Verte, fille de Hêtre Vert comme la précitée et génitrice des Roi Vert (668 K€), lauréat de la Finale du G.N.T. (Gr.2), Bienvenue du Gers (103 K€) – d’où notamment Iron du Gers, 328 K€, Kerosen du Gers (152 K€), Laroze du Gers (153 K€), 2e du Prix Henri Levesque (Gr.2), et le double vainqueur de Groupe 3 et très estimé 4 ans Minuty du Gers (184 K€) -, Duel du Gers (601 K€, gagnant Gr.3), Express du Gers (245 K€), Granit du Gers (192 K€) et Jolivert du Gers (269 K€). Sans oublier que Kadira est également, relayée par la polyvalente et performante Brignoles (216 K€), lauréate à onze reprises dont cinq fois à Vincennes, la grand-mère de l’étalon Kepler (374 K€), double vainqueur semi-classique et 2e du Prix des Élites, et par l’intermédiaire de Usta, la bisaïeule de Mayerling (246 K€), six fois à l’honneur en région parisienne et auteure de Dunaway (103 K€) et Hafcock (154 K€). Alors que, via la double gagnante à Caen au monté Landole, fille de Cotentin et de ce fait inbred 3×3 sur Quêteuse, le sang de Décadie coule dans les veines de Rufian (208 K€) et de sa nièce Graziela d’El (221 K€), et surtout dans celles de Grâce du Digeon (607 K€), excellente trotteuse comptant 21 succès en 85 sorties, dont 13 à Vincennes et 1 à Enghien, lauréate du Grand Prix Angers Loire Métropole 2024 (Gr.3) et 4e sous la selle du Prix Henri Desmontils (Gr.1).

Une souche maternelle partant de Grande Dame III (1928) et où, sur la même branche de Quêteuse (1928), se signale le précité Cotentin, classique au sulky (Gran Premio d’Europa à Milan, 2e des Critériums des 3 ans et des 4 Ans, du Prix de Sélection) dont l’aîné Urvick jouta lui avec bonheur au niveau Groupes 2 et 3 (Prix Auguste François, 3e du Prix du Calvados).

De son côté, Sentinelle 1’25 (1930), propre sœur de Quêteuse qui s’octroya des accessits semi-classiques, est devenue la grand-mère de la lauréate classique Noble Épine 1’21 (Prix du Président de la République 1961 dans un temps record, Prix des Centaures) et la trisaïeule de Le Cocher (Prix du Calvados). Quant à Ursuline IV, demi-sœur de ses aînées, c’est d’abord au sein du label Rayon que s’épanouit sa descendance. Mère de Hiatus du Pont (Prix Louis Le Bourg et Camille de Wazières), bisaïeule d’Upsal du Pont (Prix d’Essai, dauphin d’Une de Mai dans le Critérium des 3 Ans) et de Vallauris du Pont (Prix d’Ostende à Enghien, 2e du Prix Auguste François, 3e du Prix du Calvados), ses gènes se sont disséminés avec une grande réussite dans d’autres élevages, apportant notamment  leur part aux patrimoines génétiques de Lontzac (gagnant Gr.2, 4e du Prix de Paris) et d’Uprince (lauréat Gr.2) via Soja du Pont, et à ceux des champions Paola de Lou (9 succès Gr.2, 2e des Prix de Cornulier x2, de Normandie, 3e des Prix des Élites, de l’Île-de-France) et Éros du Chêne (Prix Albert Viel, 2e Critérium des Jeunes, 3e Prix de l’Île-de-France) via Fabiola du Pont.

Enfin, signalons les deux inbreedings croisés figurant dans le tableau généalogique à cinq rangs de Nautilio Bello : l’un sur le chef de race américain Speedy Crown via Workaholic et Royal Prestige (l’auteur de Buvetier d’Aunou), l’autre sur le champion polyvalent de l’écurie de Bellaigue Quioco (Critérium des 4 Ans, Prix de Vincennes, des Centaures, des Élites, 2e de l’Eliloppet, des Prix Capucine et de Cornulier, 3e de l’International Trot à New York) via le magnifique Jiosco et Udamès, la mère de Ganymède.